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Mes petits bonheurs...

"La vie ce n'est pas d'attendre que les orages passent… 
  C'est d'apprendre comment danser sous la pluie."


decembre-20112.jpg

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 10:33


Lorsque mon ciel est bleu

tel ce matin d'avril

je pense à toi.

Lorsque mon ciel est gris

Tel nos jours éloignés

Je pense à toi.

Et lorsqu’enfin ton chant

S’attarde à mon oreille

je sais que tu es là,

blotti dans ta maison

petit oiseau moqueur.

Ma vie reprend son pas...

 

DSC05819.JPG

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 06:30

Je monte l'escalier,

 perdue dans mes pensées…

je gravis doucement

ces belles marches usées

par ceux qui comme moi

espèrent encore trouver

sur la dernière marche

 cette douce main tendue

qui les fera danser

Un beau soir de juillet…

 

 

 


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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 00:10

L'infini dans les cieux

Alphonse de lamartine


C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes
Font jaillir dans l'azur des milliers d'étincelles ;
Qui, ravivant le ciel comme un miroir terni,
Permet à l'oeil charmé d'en sonder l'infini ;
Nuit où le firmament, dépouillé de nuages,
De ce livre de feu rouvre toutes les pages !
Sur le dernier sommet des monts, d'où le regard
Dans un trouble horizon se répand au hasard,
Je m'assieds en silence, et laisse ma pensée
Flotter comme une mer où la lune est bercée.


 

   

L'harmonieux Ether, dans ses vagues d'azur,

 Enveloppe les monts d'un fluide plus pur ;
Leurs contours qu'il éteint, leurs cimes qu'il efface,
Semblent nager dans l'air et trembler dans l'espace,
Comme on voit jusqu'au fond d'une mer en repos
L'ombre de son rivage, onduler sous les flots !
Sous ce jour sans rayon, plus serein qu'une aurore,
A l'oeil contemplatif la terre semble éclore ;
Elle déroule au loin ses horizons divers
Où se joua la main qui sculpta l'univers !
Là, semblable à la vague, une colline ondule,
Là, le coteau poursuit le coteau qui recule,
Et le vallon, voilé de verdoyants rideaux,
Se creuse comme un lit pour l'ombre et pour les eaux ;
Ici s'étend la plaine, où, comme sur la grève,
La vague des épis s'abaisse et se relève ;
Là, pareil au serpent dont les noeuds sont rompus,
Le fleuve, renouant ses flots interrompus,
Trace à son cours d'argent des méandres sans nombre,
Se perd sous la colline et reparaît dans l'ombre :
Comme un nuage noir, les profondes forêts
D'une tâche grisâtre ombragent les guérets,
Et plus loin, où la plage en croissant se reploie,
Où le regard confus dans les vapeurs se noie,
Un golfe de la mer, d'îles entrecoupé,
Des blancs reflets du ciel par la lune frappé,
Comme un vaste miroir, brisé sur la poussière,
Réfléchit dans l'obscur des fragments de lumière.

 

 


Que le séjour de l'homme est divin, quand la nuit
De la vie orageuse étouffe ainsi le bruit !
Ce sommeil qui d'en haut tombe avec la rosée
Et ralentit le cours de la vie épuisée,
Semble planer aussi sur tous les éléments,
Et de tout ce qui vit calmer les battements ;
Lin silence pieux s'étend sur la nature,
Le fleuve a son éclat, mais n'a plus son murmure,
Les chemins sont déserts, les chaumières sans voix,
Nulle feuille ne tremble à la voûte des bois,
Et la mer elle-même, expirant sur sa rive,
Roule à peine à la plage une lame plaintive ;
On dirait, en voyant ce monde sans échos,
Où l'oreille jouit d'un magique repos,
Où tout est majesté, crépuscule, silence,
Et dont le regard seul atteste l'existence,
Que l'on contemple en songe, à travers le passé,
Le fantôme d'un monde où la vie a cessé !
Seulement, dans les troncs des pins aux larges cimes,
Dont les groupes épars croissent sur ces abîmes,
L'haleine de la nuit, qui se brise parfois,
Répand de loin en loin d'harmonieuses voix,
Comme pour attester, dans leur cime sonore,
Que ce monde, assoupi, palpite et vit encore.

 


Un monde est assoupi sous la voûte des cieux ?
Mais dans la voûte même où s'élèvent mes yeux,
Que de mondes nouveaux, que de soleils sans nombre,
Trahis par leur splendeur, étincellent dans l'ombre !
Les signes épuisés s'usent à les compter,
Et l'âme infatigable est lasse d'y monter !
Les siècles, accusant leur alphabet stérile,
De ces astres sans fin n'ont nommé qu'un sur mille ;
Que dis-je! Aux bords des cieux, ils n'ont vu qu'ondoyer
Les mourantes lueurs de ce lointain foyer ;
Là l'antique Orion des nuits perçant les voiles
Dont Job a le premier nommé les sept étoiles ;
Le navire fendant l'éther silencieux,
Le bouvier dont le char se traîne dans les cieux,
La lyre aux cordes d'or, le cygne aux blanches ailes,
Le coursier qui du ciel tire des étincelles,
La balance inclinant son bassin incertain,
Les blonds cheveux livrés au souffle du matin,
Le bélier, le taureau, l'aigle, le sagittaire,
Tout ce que les pasteurs contemplaient sur la terre,
Tout ce que les héros voulaient éterniser,
Tout ce que les amants ont pu diviniser,
Transporté dans le ciel par de touchants emblèmes,
N'a pu donner des noms à ces brillants systèmes.
Les cieux pour les mortels sont un livre entrouvert,
Ligne à ligne à leurs yeux par la nature offert ;
Chaque siècle avec peine en déchiffre une page,
Et dit : Ici finit ce magnifique ouvrage :
Mais sans cesse le doigt du céleste écrivain
Tourne un feuillet de plus de ce livre divin,
Et l'oeil voit, ébloui par ces brillants mystères,
Étinceler sans fin de plus beaux caractères !
Que dis-je ? À chaque veille, un sage audacieux
Dans l'espace sans bords s'ouvre de nouveaux cieux ;
Depuis que le cristal qui rapproche les mondes
Perce du vaste Ether les distances profondes,
Et porte le regard dans l'infini perdu,
Jusqu'où l'oeil du calcul recule confondu,
Les cieux se sont ouverts comme une voûte sombre
Qui laisse en se brisant évanouir son ombre ;
Ses feux multipliés plus que l'atome errant
Qu'éclaire du soleil un rayon transparent,
Séparés ou groupés, par couches, par étages,
En vagues, en écume, ont inondé ses plages,
Si nombreux, si pressés, que notre oeil ébloui,
Qui poursuit dans l'espace un astre évanoui,
Voit cent fois dans le champ qu'embrasse sa paupière
Des mondes circuler en torrents de poussière !
Plus loin sont ces lueurs que prirent nos aïeux
Pour les gouttes du lait qui nourrissait les dieux ;
Ils ne se trompaient pas : ces perles de lumière,
Qui de la nuit lointaine ont blanchi la carrière,
Sont des astres futurs, des germes enflammés
Que la main toujours pleine a pour les temps semés,
Et que l'esprit de Dieu, sous ses ailes fécondes,
De son ombre de feu couve au berceau des mondes.
C'est de là que, prenant leur vol au jour écrit,
Comme un aiglon nouveau qui s'échappe du nid,
Ils commencent sans guide et décrivent sans trace
L'ellipse radieuse au milieu de l'espace,
Et vont, brisant du choc un astre à son déclin,
Renouveler des cieux toujours à leur matin.

 

  
Et l'homme cependant, cet insecte invisible,
Rampant dans les sillons d'un globe imperceptible,
Mesure de ces feux les grandeurs et les poids,
Leur assigne leur place et leur route et leurs lois,
Comme si, dans ses mains que le compas accable,
Il roulait ces soleils comme des grains de sable !
Chaque atome de feu que dans l'immense éther
Dans l'abîme des nuits l'oeil distrait voit flotter,
Chaque étincelle errante aux bords de l'empyrée,
Dont scintille en mourant la lueur azurée,
Chaque tache de lait qui blanchit l'horizon,
Chaque teinte du ciel qui n'a pas même un nom,
Sont autant de soleils, rois d'autant de systèmes,
Qui, de seconds soleils se couronnant eux-mêmes,
Guident, en gravitant dans ces immensités,
Cent planètes brûlant de leurs feux empruntés,
Et tiennent dans l'éther chacune autant de place
Que le soleil de l'homme en tournant en embrasse,
Lui, sa lune et sa terre, et l'astre du matin,
Et Saturne obscurci de son anneau lointain !
Oh ! que tes cieux sont grands! et que l'esprit de l'homme
Plie et tombe de haut, mon Dieu! quand il te nomme !
Quand, descendant du dôme où s'égaraient. ses yeux,
Atome, il se mesure à l'infini des cieux,
Et que, de ta grandeur soupçonnant le prodige,
Son regard s'éblouit, et qu'il se dit : Que suis-je ?
Oh ! que suis-je, Seigneur ! devant les cieux et toi ?
De ton immensité le poids pèse sur moi,
Il m'égale au néant, il m'efface, il m'accable,
Et je m'estime moins qu'un de ces grains de sable,
Car ce sable roulé par les flots inconstants,
S'il a moins d'étendue, hélas ! a plus de temps ;
Il remplira toujours son vide dans l'espace
Lorsque je n'aurai plus ni nom, ni temps, ni place ;
Son sort est devant toi moins triste que le mien,
L'insensible néant ne sent pas qu'il n'est rien
Il ne se ronge pas pour agrandir son être,
Il ne veut ni monter, ni juger, ni connaître,
D'un immense désir il n'est point agité ;
Mort, il ne rêve pas une immortalité !
Il n'a pas cette horreur de mon âme oppressée,
Car il ne porte pas le poids de ta pensée !

 

  
Hélas ! pourquoi si haut mes yeux ont-ils monté ?
J'étais heureux en bas dans mon obscurité,
Mon coin dans l'étendue et mon éclair de vie
Me paraissaient un sort presque digne d'envie ;
Je regardais d'en haut cette herbe; en comparant,
Je méprisais l'insecte et je me trouvais grand ;
Et maintenant, noyé dans l'abîme de l'être,
Je doute qu'un regard du Dieu qui nous fit naître
Puisse me démêler d'avec lui, vil, rampant,
Si bas, si loin de lui, si voisin du néant !
Et je me laisse aller à ma douleur profonde,
Comme une pierre au fond des abîmes de l'onde ;
Et mon propre regard, comme honteux de soi,
Avec un vil dédain se détourne de moi,
Et je dis en moi-même à mon âme qui doute :
Va, ton sort ne vaut pas le coup d'oeil qu'il te coûte !
Et mes yeux desséchés retombent ici-bas,
Et je vois le gazon qui fleurit sous mes pas,
Et j'entends bourdonner sous l'herbe que je foule
Ces flots d'êtres vivants que chaque sillon roule :
Atomes animés par le souffle divin,
Chaque rayon du jour en élève sans fin,
La minute suffit pour compléter leur être,
Leurs tourbillons flottants retombent pour renaître,
Le sable en est vivant, l'éther en est semé,
Et l'air que je respire est lui-même animé ;
Et d'où vient cette vie, et d'où peut-elle éclore,
Si ce n'est du regard où s'allume l'aurore ?
Qui ferait germer l'herbe et fleurir le gazon,
Si ce regard divin n'y portait son rayon ?
Cet œil s'abaisse donc sur toute la nature,
Il n'a donc ni mépris, ni faveur, ni mesure,
Et devant l'infini pour qui tout est pareil,
Il est donc aussi grand d'être homme que soleil !
Et je sens ce rayon m'échauffer de sa flamme,
Et mon coeur se console, et je dis à mon âme :
Homme ou monde à ses pieds, tout est indifférent,
Mais réjouissons-nous, car notre maître est grand !

 

 
Flottez, soleils des nuits, illuminez les sphères ;
Bourdonnez sous votre herbe, insectes éphémères ;
Rendons gloire là-haut, et dans nos profondeurs,
Vous par votre néant, et vous par vos grandeurs,
Et toi par ta pensée, homme ! grandeur suprême,
Miroir qu'il a créé pour s'admirer lui-même,
Écho que dans son oeuvre il a si loin jeté,
Afin que son saint nom fût partout répété.
Que cette humilité qui devant lui m'abaisse
Soit un sublime hommage, et non une tristesse ;
Et que sa volonté, trop haute pour nos yeux,
Soit faite sur la terre, ainsi que dans les cieux ! 

 


De jour comme de nuit,

ouvrons nos portes,

ouvrons nos yeux vers l'horizon

tendons nos mains...


Une rose pour vous,

merci de m'avoir accompagnée dans ce rêve... 

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 00:30


Sensation


Arthur Rimbaud


Par les soirs bleus d’été,

j’irai dans les sentiers,

picoté par les blés, fouler l’herbe menue.

Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l’amour infini me montera dans l’âme,

Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la nature, heureux comme avec une femme.




 

Ombres du soir sur la prairie

rêves d'été juste avant moisson

tu n'es plus là, je sais

mais tellement là, si près, dans la pièce à côté.


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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 23:00
 
Se jouant des nuages,
elle s'habille, se déshabille
telle une symphonie nocturne
livrant seulement à mon regard
comme une douce nostalgie.
Nostalgie d'un rêve perdu...
Vite...
 Que vienne demain
pour qu'enfin brille le soleil.



La lune blanche luit dans les bois

Paul Verlaine

La lune blanche
Luit dans les bois
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...

0 bien-aimée.

L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...

Rêvons, c'est l'heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise...

C'est l'heure exquise.

Merci à vous d'être là...





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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 20:28
 Pour ceux qui partent,
pour ceux qui restent,
ce coeur vous accompagne,
émotion de nos dernières vacances en Corse...



Que serais-je sans toi

Louis Aragon


Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

 

 

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines

Et j'ai vu désormais le monde à ta façon

J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines

Comme au passant qui chante on reprend sa chanson

J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.

 


Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

 

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne

Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu

Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne

Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne

Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux

Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.

 

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

 

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes

N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue

Une corde brisée aux doigts du guitariste

Et pourtant je vous dis que le bonheur existe

Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.

Terre, terre, voici ses rades inconnues.

 

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.


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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 07:32

Dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes.

Louis Aragon

 


Ton âme t'inquiète, et tu crois qu'elle pleure :
Ton âme est éternelle et tes pleurs vont tarir.
Alfred de musset



Les larmes du passé fécondent l'avenir. 

Alfred de Musset


Un enfant, ça rit et ça pleure.
 Un enfant, ça invente le bonheur.

Romain Guilleaumes 



On risque de pleurer un peu si on s'est laissé apprivoiser.

 Antoine de Saint Exupéry

 Puis revient le soleil au matin...
Renaissance d'espoir


Le soleil ne se lève que pour celui qui va à sa rencontre.
Dom Henri le Saux

Belle journée à vous amis, le soleil est levé...
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 18:00
S'asseoir, ne plus penser
Libérer son esprit, doucement
se dire que peut-être...
Pourquoi pas...
Un jour ou l'autre,
demain après-demain
vivre l'instant
Observer le canard qui barbote tout près
Écouter la mésange et le chardonneret
Ecouter le silence...
"ô temps suspends ton vol"


Ce poème m'émeut toujours autant.
 Je vous l'offre pour vous remercier de votre visite ici


Le lac

Alphonse de lamartine


Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?
 
Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
tu la vis s'asseoir !
 
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.
 
Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
 
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos,
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :
 
« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
 
« Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.
 
« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »
 
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?
 
Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface
Ne nous les rendra plus ?
 
Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
 
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
 
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !
 
Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés !
 
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit et l'on respire,
Tout dise : « Ils ont aimé ! »

 

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 18:09
Malgré la grisaille ambiante, ses fleurs en longues grappes jaunes
 illuminent le jardin de leur pluie d'or...



Recherchant un poème pour illustrer mon billet,
j'ai découvert Sabine Sicaud  (1913-1928), jeune poétesse trop tôt disparue.

Le site consacré à l'oeuvre poétique de Sabine est à découvrir ICI.

Merci à Guy Rancourt, webmestre du site de m'avoir permis de vous offrir ce poème.
Parmi les 29 poèmes de sabine in "Poèmes d'enfant" (1926),
il avait été couronné aux  Jeux Floraux de France en 1925 en obtenant le 10ème prix.


Le cytise

Non, pas une glycine. Au lieu de grappes mauves,
Ce sont des grappes d’or…
On dirait des pendants d’oreilles de jadis, en bel or fauve…
Ou des pastilles d’ambre, ou les confetti d’or
Qui joncheraient, pour un grand mariage,
Le tout petit sentier… C’est le décor
Où des torches s’allument. Vois flamber le paysage!

Survient le vent.
Et c’est une cascade lumineuse de topazes,
Un long feu d’artifice, un jet d’eau qui s’embrase,
Un quatorze Juillet de mai! Vois, dans le vent,
La joie ardente du printemps!

Pas de canons, d’ailleurs, ni de Bastilles prises.
C’est la fête rustique du Cytise.

En cheveux de soleil,
-Papillotes. Jeune perruque ébouriffée-
Le Cytise s’éveille. Il est pareil
À quelque page blond sortant d’un magique sommeil.

Il fut un arbre mort et le voici pareil
Au Printemps même, secouant sa tête ébouriffée…
Lancés par la main d’un Génie, ou par les fées,
C’est l’éparpillement de petits sabots jaunes, si légers,
Si menus et vernis, qu’ils émerveillent
Le vieux cyprès bourru, chaussé de brun. Et les abeilles
Vont et viennent, avec ce bruit que l’on entend dans les vergers.
Et moi, comme toi, vieux cyprès, je m’émerveille
Longtemps, devant cela, que nul ne semble voir,
-Sauf nous deux - le jeune cytise en fleurs, au bord du soir.


Merci de votre passage, à bientôt




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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 18:58

Samedi  matin en ouvrant ma boîte à lettre SURPRISE!

Une superbe mise en scène "coeurs de fleurs" du jardin de Sylvia accompagnée du premier papillon printanier...



 Et ce superbe poème plein de délicatesse.


La découverte de ces cadeaux préparés avec autant de soin et de créativité fut pour moi un réel moment de bonheur.  Sylvia tu es une véritable artiste. 
Je découvre grâce à Liza, l'organisatrice de notre échange de mars, ton magnifique univers de photographe.

Merci à toi Sylvia pour cette délicate attention et cette rencontre qui n'aurait sans doute jamais eu lieu sans Liza que je remercie pour nous avoir accompagnées dans ce rêve de printemps.


Il n'est de joie qui égale celle de se créer de nouvelles amitiés.

A bientôt, merci d'être passé par ici...



 


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